mercredi 19 décembre 2007
Le défi "crazy du nouvel an"
Il ne me semble pas avoir présenté les ATCs que j'ai à présent envoyées à mes correspondantes désignées pour le challenge crazy lancé par Cris et Cathy. Je ne voulais pas déflorer le sujet mais à présent que les cartes sont arrivées à bon port, je peux bien vous les montrer :
Je me suis réellement bien régalée !
Bannière de Noël
Lorsque j'ai mis mes réalisations photographiées dans l'album de ce blog, j'ai dû oublier cette bannière que j'ai ressortie pour les fêtes. Elle n'est pas récente puisqu'elle est datée 2002 mais elle est de circonstance 
J'aime beaucoup la broderie sur lin et je trouve le résultat tellement clean. Pas vous ?

Et en voilà un en moins !
J'ai, sur la droite de ma machine à coudre, une pile de "restants à finir".... En voilà donc un de moins qui vient de prendre place sur un fauteuil de la véranda !
Ben oui, je sais. Pas bien compliqué et donc vite fait ? Certes.... sauf que j'ai eu les jambes (et donc mon élan) sciées avant que d'avoir fini. Ayant brodé l'initiale L, je destinais cette enveloppe de coussin à ma fille mais, en bonne mère qui sonde les âmes avant de faire les cadeaux, un jour que nous étions ensemble en ville devant un dessus de chaise qui s'apparentait à cela, elle m'a dit "ce n'est pas mon style". Paf ! Assise la maman... et la housse de coussin est restée là, épingles en place qui n'attendaient qu'une piqûre de machine pour regagner leur champignon du départ. Loupé ?
J'ai un époux dont le prénom commence par la lettre L. Sera-t-il dupe ?
Hélas non. Et forcément puisque je lui avais annoncé mon projet : faire une housse en assemblant quelques tissus que j'aime et cette bande cache-sommier brodée main dans laquelle j'ai taillé mes petits rideaux de buffet de cuisine en Bretagne.

N'aime pas bien les trucs anciens, ma fille ! Bon ce sera alors le L de La maison.... Na ..... A moins qu'en le voyant...............
Les Mouchoirs de Rouen
Comme moi avant de lire le seul livre qui en parle ( "Tissu d'histoire, Histoire de tissu" - l'atelier Buquet, illustrateur de mouchoirs de Rouen au 19ème siècle -), vous ignorez sans doute ce que sont les Mouchoirs de Rouen ?
C'est ça :
Il faut que je prenne garde et ne pas faire de mes explications un second livre. Ce serait lassant. En fait, après l'engouement pour les indiennes au 17e siècle, on a interdit leur reproduction afin de favoriser un peu les créations françaises et de revaloriser l'existant patrimonial. Il a donc fallu que les imprimeurs sur tissu se tournent vers un autre produit. Outre les tissus d'ameublement ou le linge de maison, il y avait également ce foulard que les hommes portaient autour du cou et qu'on appelait mouchoir à cause de sa forme carrée.
Nous sommes dans une période où les costumes régionaux sont toujours portés, dans une période de chaos politique, dans une période où l'on apprécie le tabac que l'on chique. Nécessité donc d'employer les mouchoirs également à des fins de mouchage de nez.
Belle occasion de communiquer comme on le fait aujourd'hui sur les tee-shirts à slogans par exemple. Il sort alors tout une série de mouchoirs à rôle "décoratif, emblématique, informatif ou même, pour les mouchoirs d'instruction militaire, un rôle d'enseignement".
Parmi les mouchoirs "fantaisie", certains porteront l'illustration de la vie quotidienne, tantôt pratiques,
tantôt humoristiques, tantôt didactiques. Par exemple, un mouchoir appelé "Le médecin dans sa poche" comportera un cartouche par maladie communément contractée avec, illustrés, les gestes et produits utiles pour sa guérison. Parfois, cela traitera des savoirs populaires (adages, fables, contes), des fêtes, des voyages, des grandes expositions, des relations avec le reste du monde, de morale, de religion, de politique intérieure avec, entre autres sujets, des mouchoirs d'instruction militaire.
Soit il s'agit de manuels techniques (tous les soldats ne savaient pas lire mais pouvaient déchiffrer les illustrations pour nettoyer un fusil par exemple), soit il s'agit d'encourager les troupes avec le récit d'actes héroïques qui vont les stimuler sur le champ de bataille.

Voilà pour le cas où notre soldat manquerait d'initiative patriotique !
Après qu'il a servi sous les drapeaux, le soldat reste réserviste durant 20 années ! Mieux vaut lui garder la mémoire fraîche en cas de rappel au moment d'hostilités guerrières. Ce mouchoir "aide-mémoire du réserviste" date de 1880.
Parce qu'il fallait en éditer beaucoup, les imprimeurs de la société spécialisée de Rouen choisissent de procéder à l'aide de rouleaux gravés pour poser des couleurs qui deviennent artificielles grâce aux recherches des chimistes. Parfois, il faut tout de même employer la plaque de cuivre pour les petites hachures difficiles à reproduire en finesse. A propos de finesse du trait, je trouve que la gravure est particulièrement jolie, non ?
Peut-être possédez-vous, au fond d'un tiroir, un mouchoir hérité de votre grand-père ou arrière grand-père ? J'admets que ce n'est guère facile à porter de nos jours mais je sais que le costume normand, qui prévoit un tour de cou rouge, participait à la diffusion de ces Mouchoirs imprimés à Rouen. Soit il était largement lisible, soit il était noué en cravate et les illustrations se trouvaient alors cachées, connues seulement de son possesseur.
A retrouver au Musée des Traditions Populaires et Arts Normands de Martainville ou au Musée industriel de la Corderie Vallois à Notre-Dame de Bondeville, tout cela en Seine-Maritime à l'occasion d'une balade normande.
Pour bien se rendre compte
Je vous avais montré d'autres cartes faites avec la technique du Miror. Une de mes correspondantes a placé la sienne dans un joli cadre pour l'exposer au titre de ses décorations de Noël. Je n'ai pas pu résister au plaisir de vous faire voir comme la carte rend un bel effet une fois mise en situation.

Encore un peu de Miror ?
Cette fois-ci encore, c'est la technique dite "du Miror" qui a été le déclencheur de cette ATC destinée à Chantal G.
J'ai donc d'abord découpé une image qui me plaisait dans un magazine. Là il s'agit d'une décoration de Noël dans des tons verts bleutés très tendres avec quelques boules de Noël. J'ai placé ma colle (Giotto aux couleurs du Temps) et j'ai laissé séché. Puis j'ai passé mon tampon de Miror qui a déteint le tour et le centre de l'image et j'ai ensuite, sur une colle spéciale, saupoudré de la poudre à embosser (Utee) avant de la chauffer au pistolet à air chaud. Gare ! Il faut s'approcher petit à petit pour qu'aucun souffle ne fasse s'envoler la poudre d'où l'intérêt du pistolet "décapeur" par rapport au sèche-cheveux, souvent pas assez chaud, mais qui, en plus, souffle un peu fort pour ce travail délicat.
Au centre, j'ai enfin collé un plumet d'autruche pour ajouter un peu de "Panache" à ma carte.
Certaines me disent que ça ne marche pas. Peut-être y a-t-il trop de colle ? Ou bien la colle est-elle trop liquide au point de détremper l'image ? Je ne sais pas. En tout cas, il faut prendre une colle qui devient transparente en séchant et laisser le travail sécher tranquillement une nuit au moins. Je vous ai mis, entre parenthèses, la marque de la colle que j'emploie et l'enseigne du magasin où je l'ai achetée...
C'est déjà Noël
Non seulement je reçois plein d'ATCs de Noël en réponse à mon Noël Baroque, mais en plus voici ce que l'on m'a offert
Et la cousette à plat, au milieu, c'est la fameuse cousette dite "Toblerone" du fait de sa forme, une fois refermée. J'adore !













