Une fois de plus, c'est MLaure qui s'est occupée de prendre les billets de train pour que nous partions, bras dessus, bras dessous, au salon de l'Aiguille-en-Fête à Paris en ce premier jour d'évènement, jeudi 12 février.
Il y a des matins comme ça où se lever tôt est difficile. Il y en a qui font des photos de lever de soleil et d'autres qui tentent de récupérer un peu en dormant le temps du trajet. Il ne faut rien perdre !
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A l'arrivée, c'est "métro". Faut pas traîner, tout le monde court ou presque. On prend une première rame, puis on change pour une seconde. On subit un morceau de saxophone... bof ! Et on retrouve déjà des groupes que l'on connaît de vue. Tout le monde marche dans le même sens pour arriver le plus vite possible au Parc de la Villette. Je vous épargne la photo du pavillon, vous la connaissez déjà.

Dès l'arrivée (outre qu'il y avait une telle file d'attente pour le vestiaire que j'ai gardé mon manteau sur moi), je grimpe sur la première mezzanine où se tiennent quelques expositions.
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Christophe Josse, Couturier, "marie une technique diabolique à une poésie absolue" (programme AEF dixit)DSC02638__Small_

Puis, de perles en fils, Aurélie Lanoiselée, brodeuse, met ses 25 ans au service de grands couturiers pour nous éblouir. Enfin, moi je suis éblouie !
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Maïté Tanguy tisse des liens pour écrire un poème textile. Je souffle légèrement et les plumes se soulèvent, légères, aériennes, amusantes, tellement colorées !
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Entre les mains de Mariam Parskhaladze, le feutre se compose un nouveau visage. Moi je lui trouve... bonne mine !
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Il commence à faire bigrement chaud. Je tiens le coup, manteau sur le dos pour ne pas être trop encombrée. Mon sac est déjà lourd et j'ai hâte de trouver Gigi sur mon chemin. Une fois que je lui aurai remis son petit cadeau, mon sac sera certainement un peu plus léger, non ?
Pour le moment, je n'ai pas encore vu d'affichette "no camera". Serait-ce que les créateurs auraient enfin compris que ce n'est pas parce que l'on prend une photo de leur travail que l'on va se lancer et faire aussi bien ? C'est pur hommage, le plus souvent... Mais, oui, je sais bien : comment trier l'admiration du pompage ?

Après Catherine Jahan (ennoblisseuse de tissus) et Gérard Lognon, plisseur, je me retrouve devant les broderies de la Maison Lesage. Wouah...Nom d'une pipe, de Nom d'une pipe... Comme dirait ma nièce de Haute-Normandie : "C'est rien beau !". Lecteur, tu me crois ou tu ne me crois pas : je n'ai même pas pris une photo ! J'avais la tête dans les broderies, je ne me rappelais déjà plus que j'avais un appareil photo (ouvert et prêt à shooter) à la main. Sidérée, qu'elle était Mimiblue... Allez voir le site, vous trouverez des merveilles.

La modiste Prudence Millinery a choisi de proposer un atelier de fabrication d'une fleur en tissu. Je me penche sur un livret en vente et je vois, à l'intérieur, un encouragement à commander le livret par internet pour 8 euros tandis que près du livret une grosse étiquette indique 10 euros. Pas très adroit ! On sait bien que la location des emplacements est chère mais faire la démonstration de cette manière est un peu cruel pour les personnes en difficulté, quand même. Enfin, de toute manière, le livret ne contient qu'une leçon pour une rose. Je repars, restant sur ma faim.

Le bottier Raymond Massaro présente des modèles sublimes, improbables pour certains et je songe un moment au Musée de la chaussure que j'ai visité près de Cholet. Méconnu, ce petit musée bien garni mérite pourtant votre visite. Bon, pas pris de photo non plus et j'espère que vous en trouverez sur quelque autre blog. Un oubli sans doute car les créations valaient le coup d'oeil. Désolée !

La passementerie de la maison Barlan me déçoit un peu. J'avais le souvenir d'un reportage sur France 5 tellement nourri de merveilles que les fils présentés ici et les graphiques me semblent un peu pauvres. Reste que la production demeure très esthétique mais je ne vais pas tout vous montrer, non plus. Peut-être irez-vous samedi ou dimanche ?

Les boutons de Loïc Allio sont sous vitrines, dans des bocaux, des flacons. Des boutons, des boutons, des boutons... la valse des boutons... J'ai la tête qui tourne !

Petit tour sur le balcon. Je surplombe toute la salle où se tient le salon. Une rumeur gronde et s'élève vers moi. J'ai de plus en plus chaud. Qu'est-ce que je fais ? Je retourne au vestiaire me soulager de mon vêtement ? Oui, ce serait bien. Après les expos, alors... Au moment de redescendre de la mezzanine. DSC02646__Small_DSC02647__Small_

Des aiguilles, des aiguilles, des aiguilles !!!! La Maison Bohin, la bien connue, fait son show et invite à découvrir l'Odysée des Aiguilles. Oh les belles mécaniques d'autrefois, oh les images d'ateliers, oh le joli cadre uniquement constitué d'éléments Bohin (dés, aiguilles, épingles de toutes sortes, agrafes, épingles pour nourrice...). La maman de ma belle-mère a travaillé à Laigle, dans l'Orne, à l'usine Bohin. Elle est peut-être photographiée parmi les ouvrières de l'atelier ? Je n'ai jamais vu de photos ou juste une. La reconnaitrai-je ?DSC02648__Small_DSC02649__Small_DSC02650__Small_DSC02651__Small_DSC02653__Small_DSC02652__Small_DSC02654__Small_

C'était la séquence émotion, le zoom. A présent, plan de fin et je change de lieu tandis qu'une visiteuse retire une à une les cinquante épingles qui se sont fichées sous son pied, piquées dans la semelle de sa chaussure. Un mannequin habillé d'un tissu entièrement "brodé" d'épingles à été posé sur un lit d'épingles à tête mais le passage des visiteurs a eu tôt fait de déranger cette présentation et, dans sa précipitation, cette femme a marché sur le matelas. Le pied transformé en hérisson, elle rouspète et maugrée tandis que je reste coite. Michèle Gleizer est là ! Si, si... elle est venue avec sa broderie colorée, ses points de croix par milliers et ses vaches suisses en goguette... Comment ça vous ne connaissez pas Michèle Gleizer ? Si vous ne connaissez pas la brodeuse (le Sourire de Monsieur Mustapha ne vous dit rien ?) alors vous connaissez la comédienne, non ? Des rôles de fille de campagne ou de simplette, des rôles de braves mères ou de belle-mère cruelle. Non, vraiment ? Cherchez bien du côté de Maupassant tel qu'on nous le montre à la télé.
Et puis si vous ne connaissez pas Michèle Gleizer comédienne, peut-être alors connaissez-vous la brodeuse ? Je vous ai mis deux liens. Le premier vous emporte vers le cinéma et, sous le second, 123petitescroix vous la présente et son oeuvre.
En tout cas, moi, je la connais et depuis très longtemps. L'histoire de cette chemise qu'elle a brodée au début, je l'ai lue voilà près de dix ans, me semble-t-il. Aujourd'hui, elle nous parle de sa passion des lettres et, entre autres ouvrages, expose une Dame à la Licorne, revue et imaginée. DSC02655__Small_DSC02656__Small_

Bien évidemment, j'ai acheté deux séries de cartes illustrées de ce travail sublime que je me ferai le plaisir d'envoyer à ceux et celles que je sais capables d'apprécier. Je vous montrerai tout ce que j'ai acheté dans peu car l'appareil photo commence à peser, le manteau m'encombre et j'ai mal aux jambes.

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J'ai une pensée pour Jocelyne au moment de visiter "Les beaux jours du Hardanger par Nathalie Trois" et j'indique donc que les Editions L'Inédite sorte un ouvrage sur cette tehnique. Il vient compléter quatre autres bouquins déjà écrits sur ce sujet de la broderie norvégienne. D'ailleurs j'ai entendu un commentaire non loin qui n'a pas manqué de me faire sourire : "Pff, l'Hardanger, c'est blanc sur blanc... pas de couleurs !!!"... Ah, Nathalie, faut pas faire d'entorses comme ça au sacro-saint concept du début... Tant pis pour la créativité, le renouveau, l'évolution.... Non, non, Nathalie... L'Hardanger c'est blanc sur blanc !!! Heureusement qu'il y a des créatrices qui savent nous faire la démonstration du contraire. Merci Nathalie !

Je passe un peu rapidement devant les broderies du peuple Yi. Je connais pas mal les broderies de la Chine et si je reconnais que c'est particulièrement coloré, la technique ne m'arrête pas. Par contre, broder TOUT l'évangile selon Saint-Jean comme l'a fait Nicole Renard me sidère. Ce n'est pas que je vais décortiquer la bande brodée d'un bout à l'autre, cela me semblerait sans doute monotone, mais je ne peux qu'être époustouflée par un pareil boulot ! L'oeuvre d'une vie : 48 000 heures de travail, 80 000 mètres de fil, 131 588 lettres brodées, 60 points rien que pour la lette " i ", 350 heures de travail et 28 teintes pour broder le visage du Christ et rien que ces statistiques m'effraient. Comment peut-on passer autant de temps à compter pour tenir des statistiques ? La réponse est dans la question sans doute. C'est la première demande formulée par les visiteurs d'expo : "ça vous prend combien d'heures pour faire ça ?" (on s'en fiche : quand on aime, on ne compte pas !!!). Enfin, si vous voulez en savoir davantage, achetez le magazine "Notre temps" de février 2009 et vous saurez tout !
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Tiens, Andrée Leblanc a eu un espace pour exposer ses Log Cabin et sa technique de création. Sympa. Andrée Leblanc, je la retrouverai, un peu après, au beau milieu du hall d'exposition vendant son produit miracle : le toolless ! Manifestement, un autre pas a été franchi puisque l'on parle de "L'Ecole de la couture" par Andrée Leblanc en hommage à Madame Laurette Cotnoir-Caponi, fondatrice à Montréal de l'école de haute couture éponyme, qui forma Andrée puisqu'on ne le sait pas toujours mais elle a travaillé pour des couturiers de renom comme Castelbajac, entre autres.
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Et là, rencontres multiples aux abords du stand France Patchwork : Gigi62, Mado, Nathalie, Marido et Catherine, Renée et Christiane... Blablabla... blablabla... blablabla... et il est l'heure d'aller se restaurer un peu. Fichu manteau qui m'encombre et me tient chaud au bras ! et ce sac que j'ai vidé et que Gigi a rempli. Mince alors... Mais qu'est-ce qui peut peser comme ça. Ahhhh... 33 cl d'eau, deux sandwiches, une pomme. Oui, peut-être....

Bonjour Anne, bonjour Adeline. Oh Véro... Ca y est, tu as fini de manger ta salade...? On se retrouve où ??? et pas deux centimètres carrés pour poser une fesse et détendre mes jambes qui se révoltent... Je crois que j'ai les hanches qui rentrent petit à petit dans mon torse. Si, si, je jurerais qu'il se passe de drôles de trucs anatomiquement...

Et on reprend la visite. Mezzanine avec un groupe d'exploratrices textiles mais là "stop, Madame, pas de photo s'il vous plait !". Bien sûr, je respecte. C'est pourtant beau. Oui, vraiment beau. J'aurais aimé vous montrer. Comment faire ? Vous donner quelques liens, peut-être ,
- Chantal Pieters
- Mireille Guérin
- Claire Beillard
- Michèle Forest
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mais c'est tout ce que j'aurai car Emmanuelle Dupont, Thé de Lange n'ont pas de site. Ah , il y avait encore Françoise Wintz que j'allais oublier qui n'a pas de site non plus. Mais elles prépare une exposition au 28, rue Beaureparie dans le 10ème, à Paris pour l'automne prochain. L'une ou l'autre en parlera sur son site, certainement....

Mais après tout ça, comment s'intéresser de près au reste. La fatigue commence sérieusement à se faire sentir. DSC02663__Small_
Une maison en laine auprès d'un concours de tricot. Mais je n'ai guère approché.

"Coucou, Chiffon Brodeuse"... On se hèle, on s'interpelle, on s'embrasse, on se reconnaît et tout ça dans l'ordre que vous voulez... C'est le principe même du salon. Les blogueuses se retrouvent, se rejoignent, complotent, échangent les informations sur les stands à ne manquer sous aucun prétexte.

Je perds un peu courage. Mon deuxième sac contient quelques-uns de mes achats dont des livres qui pèsent. Régulièrement je pose le tout à terre et les jambes me font de plus en plus mal. J'aperçois Martine dans son Jardin et lui achète quelques fils et puis je ratisse les allées avec le plus de logique possible. J'oublie la laine à feutrer que je voulais acheter, les cocons de ver à soie que je m'étais promis d'acheter, je rate le stand d'Oliver Twist auquel je tenais, j'aperçois un copain qui fait une démonstration sur le stand Multirex mais il est tellement entouré que je n'essaye même pas de fendre la foule.

Un petit tour aux toilettes dont une cabine a la poignée de porte cassée. Heureusement, la solidarité féminine va fonctionner car nulle ne saurait sortir de là sans l'aide d'une comparse à l'extérieur mais, en même temps, si les suivantes veulent profiter du confort d'un pipi qui soulage, il faut bien qu'elle libère celle qui les précèdent....

Quelques stands encore, quelques jolies broderies à découvrir et il est temps de repartir.DSC02664__Small_DSC02665__Small_
MLaure m'attend et le train aussi mais Dieu que j'ai mal aux jambes. J'ai les muscles antérieurs des jambes qui sont enflés et durs, la marche est un calvaire. Il faut prendre sur soi car il faut absolument arriver à temps pour monter dans le train. Après, il sera toujours possible de se reposer, assise, de boire un verre d'eau et de regarder les merveilles enfermées dans les sacs. Allez, encore un effort et tu vas y arriver.... De la volonté, Nom d'un chien, de la volonté !!! Je marche. Je serre les dents, je respire pour ventiler et je marche.

Ouf. On se pose et on frissonne. Le train est glacial et nous allons recevoir de l'air glacé pendant près d'une heure avant qu'il se réchauffe. Bon, alors, qu'y a-t-il dans mes sacs ? DSC02666__Small_

Je vous le dis dès demain car il est fort tard. J'ai mis du temps à vous écrire ce long article. Mais demain, c'est promis, je vous livre le contenu de mes sacs.......